La principaute sur de bons rails depuis le XIXe siecle

La modernisation de la Principauté a toujours été liée à un moment ou à un autre au développement du transport sur rails. Si aujourd'hui, la mise en souterrain de la gare permet de récupérer quatre hectares d'un précieux terrain, source d'un nouvel élan d'urbanisation, il a fortement contribué au désenclavement de la Principauté au XIXè siècle et par conséquent à l'essor touristique naissant.
C'est sous le règne du Prince Charles III conscient de l'enjeu d'une voie de communication entre la Principauté et l'ensemble de la Riviera, afin de rendre la Principauté accessible aux premiers touristes anglais, allemands et russes, que la desserte ferroviaire devient réalité. Les Autorités monégasques de l'époque ont donc vivement apprécié la ratification par l'Empereur Napoléon III d'une convention internationale tripartite relative au raccordement des voies ferrées italiennes et françaises sur le territoire de la Principauté.
Après des travaux de réalisation particulièrement longs qui ont nécessité l'édification de viaducs, tunnels et murs de soutènement en bord de mer, augmentés de tracas administratifs lié à un cadre juridique international, le premier train en provenance de Nice entre en gare de Monaco, à la Condamine, le 28 décembre 1867.
Les gares de Monaco mais aussi de Monte-Carlo, voulue par Camille Blanc pour desservir ce nouveau quartier avec le Casino et ses hôtels de luxe, voient déferler dès lors un flot considérable d'hivernants souvent aisés : 69 000 en 1867, 99 000 en 1868, 173 000 en 1870... La progression est exponentielle.
La commune de Menton sera reliée au réseau le 6 décembre 1869 mais il faudra attendre le 23 février 1872 pour célébrer l'achèvement de la ligne Nice-Monaco-Menton-Vintimille à cheval sur trois pays.
Cette étape est décisive pour l'ouverture de la Principauté sur le monde extérieur et de son économie sur un tourisme de qualité à vocation internationale, première pierre d'une renommée de Monaco dans le monde entier.
En 1958, la Principauté entreprend une première phase de travaux de mise en souterrain de la voie ferrée sur la partie Est de son territoire, sous le quartier de Monte-Carlo. Pendant six années, le percement du tunnel de Monte-Carlo va établir pour l'époque un record de construction d'un édifice de cette nature. Le tracé de cette déviation, dont l'origine se situe à 300 m de la gare de Monaco pour déboucher à un kilomètre de la gare de Roquebrune, s'étend sur 3 491 mètres.
A l'occasion de l'inauguration en 1964, SAS le Prince Souverain devait déclarer : "C'est un jour très important pour la Principauté car la disparition de la voie ferrée du chemin de fer à ciel ouvert et son passage en tunnel prennent une signification tout autre que la simple modernisation d'un état existant. Le passage en tunnel du chemin de fer était une nécessité absolue si nous voulions déclencher et réaliser les grandes opérations d'urbanisation et d'aménagement des différents quartiers de la Principauté (...) L'achèvement du tunnel et son ouverture au trafic ferroviaire libèrent toutes les conceptions et aussi tous les espoirs vers un avenir brillant pour notre pays".
Première conséquence directe de cette réalisation de grande ampleur : la disparition de la gare de Monte-Carlo au profit de la seule nouvelle gare de Monaco-Monte Carlo érigée à l'emplacement de celle bâtie au XIXè siècle.
Mais surtout cette mise en souterrain a permis de libérer 51 000 m2 de terrain jusqu'alors occupés par le chemin de fer en vue d'une nouvelle frange d'urbanisation qui donnera naissance au quartier du Larvotto.
L'analogie avec la seconde phase d'envergure des travaux de mise en souterrain de la voie ferrée, côté Ouest cette fois, est évidente : si la nuisance ferroviaire a totalement disparu du paysage monégasque, cette entreprise colossale étalée dans le temps a contribué au développement urbain de la Principauté, apportant chaque fois un second souffle à l'activité humaine dans tous les domaines.


Un ambitieuse politique d'urbanisation du territoire